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Le programme de coopération universitaire maroco-français "Appui à la Réforme de l'enseignement supérieur marocain" (ARESM) a été reconduit pour une nouvelle période de trois ans (2008-2010).
La décision de prolongation de ce programme de coopération universitaire décentralisée a été annoncée, vendredi à Tanger, à l'issue des travaux de la 7e réunion du comité de pilotage de ce projet qui avait démarré en 2004 avec la participation de 14 universités marocaines et 39 universités françaises.
Le programme, soutenu par le Fonds de Solidarité Prioritaire (FSP) de la coopération étrangère française à hauteur de 4,33 millions d'euros et par un apport marocain de 3 millions d'euros, a fait l'objet d'une évaluation de son bilan qui a été apprécié positivement par l'ensemble des partenaires.
En atteste cette longévité exceptionnelle du programme qui permettra de continuer l'accompagnement des différentes phases de la réforme de l'enseignement supérieur marocain à travers les composantes principales.
Pour le premier volet qui porte sur la formation, les partenaires du programme ont mis l'accent sur la professionnalisation de nouvelles filières novatrices tels le tourisme, l'environnement, les TIC, le management et finances.
En matière de la composante "administration", le programme Aresm a permis, dans sa première phase, la modernisation de la gestion des administrations au moyen du logiciel ""Apogée"" qui est actuellement en usage dans la quasi-totalité des universités marocaines. Le personnel administratif a bénéficié d'un perfectionnement et d'une formation continue sur l'usage de l'environnement de travail informatisé et la modernisation des services.
Durant les trois prochaines années, le comité de pilotage du programme de coopération s'assigne pour objectif de finaliser un système d'information (environnement de travail informatisé) qui permettra de mieux gérer les ressources humaines et financières en vue de consacrer l'autonomie des universités marocaines.
La composante "doctorale" du programme ARESM permettra d'accompagner la mise en place des centres d'études doctorales dès le 1-er septembre prochain.
Les actions prévues à cet effet concernent notamment l'introduction de "la Charte de thèse" et le développement de la valorisation de la recherche scientifique.
Le ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur, de la formation des cadres et de la recherche scientifique, Ahmed Akhchichine a qualifié cette coopération de "novatrice et efficiente" de par son approche décentralisée qui transcende les structures institutionnelles et met en rapport direct des pairs. Une approche qui s'inscrit dans l'esprit d'autonomie de l'université qui assure une meilleure implication des universitaires dans la concrétisation de la réforme, le choix des projets, avec la garantie de résultats concrets, a-t-il estimé. Les actions du programme Aresm interviennent sur des problématiques centrales de l'enseignement supérieur (gouvernance, formation, développement de la recherche scientifique), a assuré M. Akhchichine, appelant à préserver cette démarche d'innovation pour la deuxième phase du projet.
Concernant les suggestions concernant l'étape 2008-2010 du programme Aresm, il a notamment évoqué la régulation des flux par une meilleure maîtrise des filières, la logique de regroupement pour créer des pôles de compétences de la formation avec concentration des moyens, l'ouverture sur l'économie locale dans l'objectif de mettre sur pied des pépinières de compétences dédiées aux besoins réels du marché.
Par une approche innovante, souple et intelligente, l'université doit être réactive et en mesure d'évoluer et d'accompagner les changements qu'impose la nouvelle économie mondiale, a-t-il conseillé.
"L'horizon d'ouverture 2012 est pour demain, les efforts de la réforme doivent aussi doter l'université marocaine d'une meilleure compétitivité", a-t-il insisté, expliquant que le ministère de l'éducation a déjà reçu six demandes d'implantation d'universités étrangères au Maroc.
Pour sa part, le président de l'Université Abdelmalek Esaadi, Mustapha Bennouna a assuré qu'avec le succès de ce projet de coopération, l'université marocaine est en mesure d'exporter son savoir-faire acquis grâce à ce projet dans le cadre d'une coopération triangulaire. Un transfert du savoir- faire au profit de pays tiers de l'espace régional et méditerranéen, a-t-il dit.
Et de rappeler, à cette occasion, les nombreuses initiatives prises par l'Université Abdelmalek Essaadi pour accompagner l'élan de développement que connaît actuellement la région nord. Il s'agit d'adapter la formation aux besoins de l'économie locale par une judicieuse stratégie de gestion des filières, a-t-il dit, citant à ce sujet des projets de coopération entrepris en partenariat avec les responsables du projet phare "Tanger-Med".
M. Taieb Chkili, président de la conférence des présidents d'universités marocaines a affirmé que le programme s'est traduit par des résultats concrets, citant à titre d'exemple le volet "Gouvernance" qui a permis à 12 universités engagées dans le projet de se doter d'un dispositif de gestion moderne et optimisé.
Le programme devra poursuivre son action de valorisation de la recherche scientifique à travers l'orientation vers la création de "pôles de compétences" régionales dédiés à former des ressources humaines qualifiées pour des secteurs d'activités en pleine expansion.
Durant trois jours, les travaux de la 7e réunion du comité de pilotage du programme Arsem ont porté sur l'évaluation des nombreuses actions entreprises dans le cadre des trois volets de ce projet de coopération. Les 30 participants, représentants des universités marocaines et françaises impliquées dans ce projet, ont également débattu des objectifs du programme Arsem pour les trois prochaines années. |